marce norbert hörler, Kari Leigh Rosenfeld
NN
2026, vidéo en projection, son, avec des interventions dans la salle, première.
Le film repose sur l’idée que la caméra est elle-même le médium par lequel la rectitude de l’architecture est produite, et donc aussi le médium par lequel elle peut être réimaginée. Son point de départ est le Kunstmuseum de Saint-Gall, dont les différentes strates architecturales servent de surface de lecture : une architecture brutaliste en béton au niveau inférieur, surmontée d’un registre plus ludique hérité du classicisme tardif. Lors de la rénovation du bâtiment (1987), l’architecte Marcel Ferrier affirmait qu’« il n’existe pas d’espace neutre », une idée qui constitue l’un des fondements conceptuels du film. Le film établit des liens entre une lecture queer de l’architecture comme pratique normative, la performance reading a room as a body et l’histoire même du bâtiment, dont le sous-sol abritait autrefois les collections d’histoire naturelle de la ville. À quelques kilomètres de là, la Bibliothèque de l’Abbaye conserve un exemplaire de De Architectura de Marcus Vitruvius Pollio, redécouvert à Saint-Gall au XVe siècle et considéré comme l’un des éléments déclencheurs du mouvement néoclassique. Unique traité d’architecture conservé de l’Antiquité, cet ouvrage marque le moment historique où une certaine conception de la rectitude architecturale a été consacrée comme norme.
Cette présence dans la ville ouvre un fil conducteur qui traverse le film, reliant les objets exposés de slant et la performance reading a room as a body à un réseau plus vaste de références architecturales et historiques. Une illustration représentant trois figures ainsi que certaines annotations présentes dans les écrits de Vitruve entrent en résonance inattendue avec les oeuvres. Des images tournées dans l’espace urbain prolongent ce réseau d’associations, lisant Saint-Gall elle-même comme un tissu culturel au sein duquel s’inscrit l’intervention artistique.
Distribution
Direction artistique slant & reading a room as a body : marce norbert hörler
Réalisation vidéo, caméra et montage : Kari Leigh Rosenfeld
Prise de son : Elio Ricca
Mixage et mastering sonore : Pablo Giménez Arteaga
Performance : Kameron Locke, Hannah Mehler, martín m. wollmann
Costumes : Laurent Hermann Progin
Regard extérieur chorégraphique : Nora Wyss
Avec le soutien de : Innerrhoder Kunststiftung, Kunstkredit Basel-Stadt, Susanne und Martin Knechtli-Kradolfer Stiftung, Dr. Fred Styger Stiftung, Stiftung Erna und Curt Burgauer, Lienhard Stiftung, Arnold Billwiller Stiftung, Tisca Tischhauser AG.


